Ubuntu 9.04 et le flash

Petit article un peu technique pour une fois (je crois même que c’est le premier).

J’ai eu quelques soucis pour faire fonctionner le flash correctement jusqu’à aujourd’hui. J’avais quelques bugs avec certains lecteurs vidéos flash par exemple. Celui de Youtube marchant a peu près et d’autres complètement inexploitable (celui de clubic).

Voici la solution, ca tiens en 2 lignes de commandes dans la console. On fait d’abord un peu de ménage:
sudo apt-get remove swfdec-mozilla mozilla-plugin-gnash gnash flashplugin-nonfree adobe-flashplugin
puis on réinstalle le plugin d’Adobe:
sudo apt-get install flashplugin-nonfree

Et voila, ca marche nickel !

Fumetti, bande dessinée, deux combats.

La bande dessinée est franco-belge. On n’a jamais entendu parler dans notre douce contrée de bande dessinée tchèque ou camerounaise. La bande dessinée, ce 9ème art, est pareille aux fines herbes, à l’ail et à la crème fraiche du Rondelé : bien de chez nous. Les produits importés sont eux qualifiés de comics, manga ou encore déchets envahissants. C’est sans compter sur la fourberie de certains éditeurs qui depuis des dizaines d’années s’échinent à faire pénétrer sur notre territoire national les productions étrangères, dans le simple but de niveler par le bas un secteur amené durement à la très haute qualité culturelle qu’on lui connaît grâce aux Tintin, Astérix et autres Titeuf. Ces saboteurs infiltrés font rentrer dans le plus beau pays du monde les atrocités sans nom que sont ces soit-disant œuvres comme Calvin & Hobbes ou Bone, et vont même parfois jusqu’à éditer pour la première fois sur des presses françaises depuis 3 générations des horreurs étrangères qui dormaient bien sagement dans des cartons à juste titre. On citera Blacksad (une horreur espagnole),

Les auteurs italiens sont sans aucun doute parmi les plus fourbes de tous. Car non content d’être présent dans l’exagone depuis très longtemps au point de nous faire oublier que Hugo Pratt et son Corto Maltese sont aussi français que Depardieu est légitime lorsqu’il s’agit de parler des pâtes barilla, ils envahissent petit à petit le domaine de la bande dessinée grand-public-avec-des-héroïnes-à-gros-nichons, sans doute portés par le succès de Serpieri et de Druuna, avec des titres comme Barbucci. Loin de se contenter de pervertir les esprits innocents de notre belle jeunesse française, ceux-ci tentent aussi d’endoctriner les plus jeunes en répandant de ce coté-ci des alpes des séries au nombre de volume infini, au premier rang desquels trône Monster Allergy.

L’amateur de bande dessinée est généralement bien peu au fait de cette conquête lente mais inexorable, et c’est tout surpris qu’il trouvera sur les rayons de la Feltrinelli nombres de titres bien connu au pays des Bidochons. Il faut dire que ces volumes ne sont pas à proprement parler noyés dans la masse. N’importe quelle Fnac franco-française mettrait une honte monumentale aux plus grosses librairies italienne lorsqu’il s’agit de comparer la taille des rayons BD. Et oui, la taille ça compte. Difficile sinon de trouver de quoi se mettre sous la dent.

Il faut dire que dans l’imaginaire collectif transalpin, la bande dessinée est associée non pas à des mini révolutions culturelles comme Tintin et Asterix, mais aux bandes dessinées Disney comme les aventures de Mickey et Donald. Des bandes dessinées autrement plus nombreuses que ce que l’on peut imaginer, mais dont le nombre effarant n’est qu’une conséquence de la pauvreté scénaristique de ceux-ci. On concèdera tout de même un « oh » d’étonnement lorsque l’on découvre que tous les scénarios sont différents. On ne peut en revanche que rester abasourdi devant la considération dont jouissent ces bandes dessinées bas de gamme auprès de toutes les tranches de la population. La bande dessinée, c’est Disney, et c’est sympa. Et si vous vous aventurez sur ce terrain, vous verrez assez vite que la culture BD s’arrête à Dylan Dog, un feuilleton en noir et blanc dont le dessin et le format rappelle furieusement la masse incroyable de comics débarqués en France chez les éditions Lug entre 1950 et 1990. Le concept de roman graphique, pourtant inventé pour servir la promotion des albums de Pratt aux états unis n’a jamais fait le trajet dans le sens inverse, et s’il est possible de trouver du Marjane Satrapi sur les étagères de quelques bons libraires (les autres étant méchants) il est autrement plus dur de trouver des gens ayant lu les-dits album. Le pays ne manque ni d’auteurs de talents ni d’éditeurs bienveillants, mais dans l’esprit général la bande dessinée est un sous produit, très loin d’avoir gagné ses lettres de noblesses comme l’a fait la bande dessinée française.

Contrepartie : un volume coute 3,50€.

Oui, vous pouvez pleurer toutes les larmes de votre corps.

Une occasion en or pour les éditeurs franco-français qui feraient bien de se jeter sur les auteurs et dessinateurs qui lorgnent plus ou moins tous sur l’eldorado qui se trouve au delà des alpes. Deux business men véreux vont bien finir par s’en rendre compte, faisant du dessinateur italien l’équivalent du chinois pour le bâtiment : une main d’œuvre pas cher et efficace.

L’amateur franchouillard de BD de moins de 40 ans se délectera simplement de savoir que de l’autre coté des montagnes où l’on va faire du ski (ce qui exclu clairement l’Espagne) se trouve un monde où la bande dessinée est coincée dans les années 50 et serait bien inspiré d’y aller y faire un petit tour. Après tout il s’agit sans doute de l’unique occasion restante au public français de comprendre ce qui se passe dans la tête d’Alain Finkielkraut .

Le doublage des films

S’il y a déjà de quoi haïr les supporters décérébrés que l’on trouve entre une écharpe colorée et un rosé à 50 centimes la bouteille, il y a de quoi vraiment perdre son sang froid devant les hordes de régionalistes qui vous expliqueront avec force arguments (n’oublions pas ici l’adage « des choses simples pour des gens simples ») que la Tarentaise vaut mieux que la Maurienne, que Toulouse est le tiers monde pour Bordeaux ou encore que la Bretagne est véritablement un lieu unique au monde et que la qualité de la vie comme de ses habitants y est la plus élevée de France. Trouvez un de ces énergumènes et il ne vous faudra pas plus de quelques phrases habilement placées pour tirer d’eux quelques heures de monologue dégoulinant de bêtise, d’hermétisme et d’une ouverture au reste du monde aussi large que le sphincter d’un constipé. Mais il faudra véritablement attendre de passer le Fréjus pour découvrir le véritable sens de chauvinisme.

Qu’on ne se méprenne pas. Les italiens sont généralement des gens très ouvert (à l’exception de tous les commerçants, dont la sympathie stagne désespérément au niveau de celle qu’inspire un vautour en train de dévorer un chaton). Toujours prêts à faire un effort lorsque vous leur parlez dans un italien très approximatif, intéressés par votre expérience en Italie, intéressés par ce que vous avez à raconter, même si cela doit prendre beaucoup de temps. Contrairement à ce que rencontrent nos amis étrangers en France, on ne se sent jamais malvenu. La chaleur méridionale n’est clairement pas un mythe, même si l’on est à milan. Mais si leur comportement vis à vis des étrangers est plus qu’honorable, il l’est beaucoup moins entre italiens.

Pour le tartineur de grogonzola, les étrangers se divisent en deux catégorie : les acceptables (avec des nuances : un américain ou un allemand est moins acceptable qu’un français ou qu’un espagnol) et les détestables. Cette dernière catégorie regroupe toutes les personnes nées en Italie à plus de 20 km du lieu de naissance de la personne qui porte le jugement. Chaque bled (et il y en a), aussi paumé soit-il, possède son patois et son accent particulier, et les autres patois et accents tapent sur les nerfs. Le sentiment d’appartenance a un lieu, qu’il soit celui de naissance ou d’adoption (ce dernier cas étant tout de même beaucoup plus rare) est de plus exacerbé par le sport national, qu’ils sont persuadés d’avoir inventé : le football, renommé « calcio ». Chose fort amusante, Milan fait presque exception à la règle. Les gens y viennent pour travailler ou étudier et rejettent en bloc la ville et ses habitants, jugés arrogants, pressés, détestables, impolis, inconsidérés, pourris par un mode de vie moins sain que celui que l’on trouve à —placez ici le lieu de naissance/adoption de votre interlocuteur. Cela donne lieu à des discussions souvent surréalistes, dans lesquelles des personnes étant en journée des automobilistes pestant sur la nullité et la lenteur de tous les conducteurs du dimanche encombrant les rues du milan se retrouvent à vous expliquer à quel point il est agréable de trouver à Palerme des gens qui s’arrêtent en plein milieu d’une rue à sens unique très étroite pour aller prendre un café, ne revenant en moins de 30 minutes que s’ils entendent un conducteur mécontent, et ne revenant pas pour déplacer la voiture mais pour proposer a la personne coincée derrière de venir prendre un café ensemble. Inutile d’essayer de parler du fait qu’on a un comportement sensiblement différent lorsque l’on doit aller au travail et lorsque l’on est en vacances « au pays » : Palerme, c’est mieux que Milan, point final.

D’une manière générale, le lieu d’origine est merveilleux et le reste du monde un cran en dessous. Le point de référence change suivant les interlocuteurs et la distance les séparant : ville, région ou pays. On ne passe cependant jamais au point de se considérer véritablement européen, il faudrait voir à ne pas mettre les bons œufs italiens et les infamies portugaises dans un même panier. Avec un étranger, même si l’on peut reconnaître ici et là les bons cotés de telle ou telle ville, on n’oublie jamais que l’Italie est de toute façon une exception culturelle. Oui, ce sont les mêmes mots que l’on utilise en France. Comme quoi le régionalisme, le chauvinisme et le patriotisme ont encore de beaux jours devant eux. Mais revenons à nos moutons, et au sujet pour lequel tout ce qui est écrit ci dessus n’est qu’une introduction : le doublage des films.

Les italiens doublent les films. Tous. Systématiquement. Et c’est moche.

Maillot de santé

Certes, les ray-baneux ont inventé les toilettes et l’eau courante il y a quelques 2500 ans de cela. Certes, 2000 ans plus tard, la crème de la crème du gratin français, en la personne de sa (courte) majesté Louis XIV, allait déféquer derrière les rideaux. Mais les choses ont bien changé, nous l’avons déjà évoqué. Nous avons inventé le bidet, puis nous l’avons délaissé, préférant les douches hebdomadaires et le doux contact du papier toilette (en cas de pénurie d’oisillon duveteux) sur nos séants aux joies des jets décapants l’arrière train et le plaisir de partager sa couche avec la crasse accumulée au cours des deux derniers jours. Mais il reste encore nombre de points en matière de règle élémentaire de santé publique ou nous aurions bien à apprendre.

Prenons par exemple, et tout à fait au hasard, le cas du maillot de santé. Le maillot de santé est au torse ce que le boxer est a l’arrière train : un sous vêtement chargé de procurer un certain confort, de constituer un rempart de douceur entre les parties sensibles et l’aridité du jean et bien entendu de protéger ce même jean de la transpiration (pour ne rien dire d’autre). Un concept fort louable qui ne se rencontre que trop peu dans nos vertes contrées (le maillot de santé, pas le boxer).

Las, lorsque nos amis plombiers à moustache, chemise rouge et salopette bleue ont du choisir le vêtement qui serait dédié à cet usage, ils ont tenu compte de l’aspect esthétique. Les demoiselles ont ainsi de sympathiques débardeurs blancs, et les demoiseaux ont, eux, de moins sympathiques débardeurs blancs. Des marcels. Le T-Shirt de coton aurait sans aucun doute été un excellent choix, mais il présente un énorme désavantage : il ne laisse pas le champ libre aux moumoutes de poitrines qu’arborent fièrement les mâles du pays derrière leurs chemises largement ouvertes. Le choix s’est donc porté vers le marcel, haut représentant d’une mode séculaire, dont les top-models s’affichent tous les après midi de 13h à 17h en terrasse de bar, un pastis entre les mains, zieutant habillement l’intense partie se disputant sur le boulodrome de la place de l’église. Dans le cas de l’Italie, remplacez le pastis par une bière et le boulodrome par une télé quelconque branchée sur un match de foot.

Haut les cœurs mes amis ! Car ces marcels, objets de bon goût s’il en est, se pavanent à tous les coins de rue sous les chemises fabriquées en chine dans un atelier dont les directives sont clairement « plus fin le tissu, plus fin ! », nous laissant ainsi le plaisir incommensurable de pouvoir contempler ces pièces de tissus transformant n’importe quel homme du monde en gros beauf, à plus forte raison si celui ci  est doté de deux magnifiques auréoles sous les aisselles, chose fort courante dans un pays où le soleil est aussi ardent qu’un Bali Balo en rut.

Le maillot de santé, ou comment transformer une bonne idée en une calamité visuelle.

Panino, Panino

Dans la tête du français sûr de sa culture (et donc de sa supériorité sur l’américain moyen, qui lui, rappelons-le, en est totalement dépourvu), la cuisine italienne se résume aux pâtes, aux pizza, et à tous les aliment finissant par -i ou -o, ou n’importe quelle consonance vraisemblablement étrangère et probablement italienne, puisqu’il est bien connu qu’en dehors de la France (et dans une moindre mesure l’Italie) gastronomie rime avec viande bouillie et bonne franquette avec fricassée de roupettes. Un nombre considérable de mes concitoyens n’hésitera d’ailleurs pas une seconde à classer en tant que spécialité italienne le Risotto (ils auront raison), les Bruschette (ils auront encore raison) et la Paella (ils se mettent le doigt dans l’oeil jusqu’au coude). C’est donc tout heureux qu’ils passent la frontière, pensant pouvoir déguster de délicieux panini les rares fois où ils n’iront pas s’installer à la terrasse d’un petit boui-boui si typique ayant oh-joie et oh-surprise, vue sur la piazza del campo de Sienne et une carte en italien/anglais/français. Le plaisir de ces sandwichs écrasés, servis bouillants et remplis d’ingrédients de premier choix mariant avec bonheur les saveur du sud, à grand renfort de mozzarelle, d’olives, d’aubergines et de tomates, le tout assaisonné d’une petite sauce elle aussi pleine de saveur, est incomparable avec celui de nos sandwichs à nous, bien français (quoique non défendu par Super Dupont) et d’une tristesse sans nom. La faute en revient sans doute au pain, celui utilisé étant clairement le fruit d’années de sélections faites de l’autre coté des alpes afin d’obtenir cette croûte croustillante et cette mie moelleuse juste comme il faut juste après le passage dans le grille pain géant.

Pensez donc à leur déception, lorsque, les papilles toutes émoustillées à l’idée de mordre à pleine dents dans un de ces délices tombés du ciel, ils s’apercevront que la sandwicherie devant laquelle ils se sont arrêté ose proposer des sandwich d’un quelconque navrant sous le nom tant adulé de Panini. Ils n’hésiterons d’ailleurs pas à raconter l’anecdote à leurs amis, lors de la traditionnelle (quoi qu’un peu désuète désormais) soirée diapositive.

Jamais l’idée que ces panini soient les vrais panini ne les effleurera. Jamais ils ne réaliseront que ces panini, qui sont peu ou prou la seule alternative valable en termes de goût et de quantité  aux kebabs et qui pullulent tout autant, ne sont finalement que des incarnations de tous les clichés culinaires que l’ont peut avoir sur l’italie dans un seul sandwich, dont le pain est fabriqué à la chaîne et en tout point semblable aux baguettes précuites que l’on trouve en grande surface (et qui sont pour le français en pleine phase de retour à ses racines une aberration innommable), dont les ingrédients sont ceux que l’on trouve absolument partout chez nous et dont la cuisson est en tout point semblable à celle du croque monsieur. Jamais ils n’accepterons que les sandwichs quelconques et réchauffés qu’ils ont eu sous les yeux sont eux les véritables incarnations de la cuisine italienne.

Reste que les panini franco-français c’est bon, et que les panini italo-italien brie fondu et saucisson vaguement chaud c’est ignoble.

Le code de la route: cale à meuble ou recueil de blagues ?

Nous , français, vertueux, respectueux des lois, de la morale et du bon droit, avons tendance à considérer que pour eux, italiens, latins (un seul terme pour englober les idées de non respect des lois, de flemme, de chauvinisme exacerbé et de sang chaud) le code de la route n’est bon qu’à caler les meubles branlant que l’on ne manque pas de trouver dans un pays où le développement industriel s’est vraisemblablement arrêté il y a quelques dizaines d’années (qui a entendu parler des industries italiennes ?). Ce serait là faire une grosse erreur de jugement. Non seulement l’industrie italienne se porte bien, surtout en Italie, parce qu’il semblerait qu’en dehors des produits de luxe et de quelques tranches de jambon de Parme, le reste du monde préfère ne rien importer de la grande botte, mais surtout le code de la route ne sert pas à caler les meubles. Tout simplement parce qu’il ne s’agit que d’une vague abstraction, un mythe dont les gens ont entendu parler. Le code de la route italien, c’est un peu le Nécronomicon accompagné d’une vingtaine de pages blanches et d’un stylo. On en a entendu parler, on ne le cherche pas vraiment, et si on devait mettre la main dessus, on s’empresserait d’user du stylo pour rayer quelques passages fort incommodant et rajouter par la même occasion une ou deux règles dont le champ d’application se limite (suivant les cas) à sa seule petite personne ou au reste du monde sauf soi même.

Les voitures, prolongations des concours de bites pour l’adulte moyen, sont un sujet récurent. Et de la même manière que vous entendrez les lyonnais pester sur l’incapacité notoire des stéphanois à conduire autre chose qu’un char à bœuf, le rital ne se prive pas pour dire du mal de ses concitoyens, qui ont manifestement tous obtenus leur permis de conduire dans une pochette surprise. Ca flatte l’égo, ça fait rire l’auditoire, et ça permet d’avoir toujours un sujet de conversation. Du folklore, rien de plus. Là où cela devient intéressant pour le frenchy fraichement débarqué, et à plus forte raison si celui-ci est un fier détenteur du permis B version light appelé probatoire, c’est lorsque ces mêmes personnes se mettent à parler de la manière qu’ont leurs amis de conduire. La morale routière inculquée à grand coups de séries de 40 questions à choix multiples remplies de pièges malhonnêtes en prend un sacré coup.

Prenons un exemple garanti 100% du porc véritable, vécue par votre (pas vraiment) humble serviteur. Deux personnes négligemment installées dans un parc par un bel après midi d’un dimanche de printemps discutent de la manière de conduire d’un de leurs amis. Celui ci est réputé être un nerveux du volant, un excité du levier de vitesse et est célèbre pour son sang chaud qui a tendance à ne faire qu’un tour lorsqu’un malotru lui manque de respect sur la route. La réaction ne se fait généralement pas attendre : on monte à moitié sur le trottoir pour doubler par la droite, on zigzag entre deux voitures pour rattraper l’importun et le narguer en lui montrant qu’il ne sert à rien d’aller vite : forcer le passage et conduire comme un fou est une méthode bien plus efficace, surtout lorsque c’est fait à nonante kilomètres heures dans les rues de milan un vendredi soir à 10h. Cet ami, par ailleurs fort cordial, mesuré et agréable lorsqu’il a lâché le volant, commet en plus de ces atrocités considérées au plus comme des anecdotes amusante par les autochtones une infraction qui fait lever un sourcil même aux indigènes : il grille ici et là des feux rouges. Après quelques secondes de condamnation, les langues de vipères se rendent tout de même à l’évidence. Il n’a rien à voir avec ces sauvages de napolitains. La preuve : il ne le fait que tard le soir, et fait bien attention à vérifier à droite et à gauche qu’il n’y ait personne avant de passer à deux à l’heure (deux à l’heure étant un doux euphémisme signifiant « une vitesse inférieure à 70km/h »). Devant l’approbation générale, je ne peux m’empêcher d’ouvrir de grand yeux et de dévisager mes interlocuteurs, qui se reprennent vite et confirment qu’il s’agit tout de même d’un comportement stupide : avec ces salauds de carabinieri et leurs machines automatiques, ont risque toujours de prendre une amende. C’en était presque trop pour mon pauvre cerveau et mon sens rigoureux de la morale et de la bonne conduite. Malheureusement pour moi mes amis décidèrent de m’achever sans le savoir en déclarant en toute bonne foi que quand même, cet ami commun exagère, mais qu’on peut le comprendre. Par exemple, lorsque l’on prend 4 feux rouges de suite, on est tout à fait en droit de griller le cinquième. Il faudrait voir à ce que le code de la route n’entrave pas non plus la bonne marche des flux de véhicules, et surtout pas celle du mien.

Inutile de tenter de raisonner vos amis, dans les voitures desquelles vous seriez bien inspiré de ne jamais remonter, ils sont dans leur bon droit et leur logique prime sur toutes les lois. Il s’agit là d’une idée très forte chez les amateurs de lunettes énormes couplées au mini jupes en jean et aux bottines blanche a franges (la mode y a soit 30 ans d’avance, soit 30 ans de retard, au choix), et d’une idée défendue à grand coups d’une mauvaise foi sans limite aucune qui n’admet pas la contradiction.

Une petite pause de quelques semaines pendant laquelle vous éviterez soigneusement d’exposer vos si pures oreilles à l’atrocité que représente une telle discussion, et vous serez près à en absorber une autre couche, toute aussi intolérable, mais toute aussi divertissante. Celle ci porte sur l’alcool au volant. Peu importe le taux d’alcoolémie du conducteur, si lorsqu’il est a jeun il est persuadé d’être un bon conducteur, il se considérera seul apte à juger de sa capacité à conduire en état d’ébriété, le seuil fatidique étant atteint uniquement en cas de vomissement à répétition. En discuter le lendemain, libérés des effets de l’alcool ne change rien à l’affaire. La réponse est immanquablement la même : en ville, à 90 km/h, à 2h du matin un samedi où les rues sont (soit disant) complètement désertes, on ne risque rien. Et puis de toutes façons, on est beaucoup moins dangereux que celui qui prend l’autoroute dans les mêmes conditions, puisque celui ci risque fort de s’endormir. On croirait entendre un gamin de 10 ans qui expliquent sa faute à ses parents par un « je n’étais pas tout seul » couplé d’un « les autres ont fait pire ».

Il aura fallu 6 mois en Italie pour comprendre qu’il est possible, du moment que l’on reste sur le plan du comportement au volant, de trouver un sens presque acceptable au slogan « la France aux français ».

Conseil aux usagers : n’allez pas à Juan les Pins, les conducteurs d’Alpha Roméo y passent leurs WE.

Le retour de la vengeance de la matière grasse.

Si vous avez sacrifié un anneau à la gloire du dieu Président qui vous permet de trouver votre matière grasse préférée au milieu d’un amas de graisse ignoble, sachez que vous avez sacrifié un demi agneau de trop. Car la présence de Président au sein des supermarchés italiens n’est pas comme on pourrait le penser une reconnaissance tacite de l’excellence de la tradition laitière française, mais un simple produit de remplacement imposé par la direction pour prendre en rayon la place laissée vacante par le véritable beurre de haute qualité italien : celui sur lequel il est écrit “beurre danois”. Au retour de celui-ci, passé l’hébétement dans lequel vous stagnerez durant 5 bonnes minutes, vous vous déciderez à goûter ce prétendu beurre de qualité, et vous découvrirez avec plaisir que non seulement celui est tout à fait ingérable sans risque de régurgitation particulièrement élevé, du moins si vous n’enchaînez pas avec une absorption massique de liquides fortement alcoolisés, mais qu’il est également disponible en version légèrement salée.

Plaisir secondaire fort apprécié : ce beurre est lui disponible dans tous les supermarchés. Il n’est donc plus nécessaire de partir en pèlerinage dans le seul supermarché civilisé.

Joie.

Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark, mais ça n’est pas le beurre.

Boire un petit coup c’est agréable.

Aller dans un bar en France se résume bien souvent à la même expérience un peu triste dictée par le fantasme bourré de testostérone de la boisson d’homme, un ensemble composé de la seule bière (pas blanche, c’est pour les fillettes) en pintes (les demi c’est pour les impuissant) et le vitriol pomme-betterave qui rend les gens aveugles. On notera au passage l’absurdité qui classe la bière, boisson autrement plus proche de l’eau que de l’alcool, aux cotés des détergents titrant à 80% distillés dans des caves glauques à partir de tout ce qui est disponible dans un rayon de 100m autour de l’alambic. Des débouches chiottes consommés à prix d’or dans des troquets insalubres, le fait de boire dans un endroit classe étant assimilé à l’expression la plus claire de la petitesse de la virilité, le tout autour d’une table désespérément vide. Deux bols de cacahuètes traînent parfois sur un comptoir, soit disant pour accompagner la bière, bien plus probablement pour faire joli puisqu’après les crachats de vieux édentés saouls et les doigts de manoeuvres ayant traînés toute la sainte journée dans ces fameux bols, personne n’ose s’en approcher. L’alcool aidant, des défis naissent et c’est ainsi que ces verres se vident, et que les vendeurs de pastille contre les maux d’estomac font fortune.

Quand aux happy hour, leur concept est d’une platitude incommensurables. C’est dans le meilleur des cas l’occasion de boire une bière à moitié prix. Une manière comme une autre de remplir les bars entre 18 et 21h, mais dont la faiblesse de la formule laisse dubitatif.

Il faudra prendre le tunnel du Fréjus pour découvrir ce qu’aller dans un bar en fin d’après midi début de soirée veut dire. Outre la joie de pouvoir consommer sans honte dictée par des impératifs sociaux absurdes autre chose que de la bière, on constate avec plaisir que les barmans sont rompus à la confection de cocktails, qu’ils sont capables d’en citer une bonne vingtaine de mémoire et comble du raffinement qu’ils ne sont pas obtus au point de refuser toute commande non disponible sur la carte. Quand à la notion de boisson d’hommes, elle prend un sens tout relatif lorsque l’on est confronté à un Negroni, un cocktail composé de Gin (40%), Martini rouge (16%) et Campari (25%) dans des proportions égales, où un mojito (boisson qui se résume à rhum —beaucoup— menthe —beaucoup aussi— sucre et glace). Les tarifs de ces plaisirs alcoolisé fait honte à nos pinte de Kro pression, puisque l’on peut se les envoyer derrière la cravate pour 4€ l’un.

Et comble du plaisir, ces aperitivi (pluriel de aperitivo, tout comme panino est le singulier de panini), qui ne sont appelés Happy Hour que par des bars hype, proposent tous sans exception un buffet froid et chaud sur lequel se côtoient pâtes, pizza, fougasse, sandwich, salade et autres antipasti. Double avantage pour cette formule : d’un coté manger sur place à tendance à faire oublier l’heure et à la troisième tournée on commence à se contrefoutre du prix du cocktail, de l’autre le client s’en retourne la panse tendue et le foie imbibé.

Même le Georges 5 ne traite pas ses clients aussi bien.

Parce qu’il faut bien parler des pâtes.

Super Dupont vaincra, la nouille française vaincra.

Où il est question de panse de brebis farcie et de macramé.

Si les latins sont considérés comme des gens plus chaleureux, ça n’est pas seulement parce que leur langue, pleine d’accents toniques, est plus souvent criée que parlée et qu’ils ont beaucoup moins de retenue lorsqu’ils s’expriment avec des inconnus. C’est aussi parce que le langage oral est souligné par un langage corporel, tout aussi fourni. Que les italiens parlent avec les mains, c’est un fait établi et reconnu. Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne s’agit pas de gestes désordonnés tenant plus de l’expression animale que d’une extension du langage. Parler avec les mains est un art, chaque geste ayant une signification bien précise. On peut sans exagérer dire qu’un tiers du message est charrié par la gestuelle qui accompagne les paroles. Une manière de communiquer parfaitement assimilée par les italiens, mais bien souvent obscure pour le touriste français. Ce n’est qu’après avoir lu un ou deux articles bien documenté que l’on arrivera à décoder cette seconde couche de langage. Parmi tous ces gestes convoyant un idée, il en est un totalement dépourvu de sens : attraper quelqu’un par les bras. Cela ne sert à rien d’autre qu’à créer un climat de confiance entre les deux protagonistes, et d’une manière plus fourbe, à empêcher son interlocuteur de tourner les talons et de s’échapper d’une conversation désagréable.

Un concept très bien compris et maîtrisé par la myriade de vendeurs ambulants que l’on trouve de part les rues. Ceux ci ont mis au point une technique renvoyant nos distributeurs de flyers, vendeurs à la sauvette et autres plaies (dé)ambulantes au simple rang d’amateurs. Là où nos VPP(Vendeurs Porte à Porte) se contentent de sonner et de s’en retourner marris lorsqu’il sont éconduit, leurs VR (Vendeurs de Rue) vous tendent la main, soit disant pour vous souhaiter le bonjour, alors qu’en vérité ce n’est pas une amitié fugace qu’ils vous proposent, mais un piège vieux comme le monde. Une fois le doigt dans l’engrenage de cette machinerie maléfique, vous ne vous en sortirez pas en moins de 10 minutes sans haussez la ton. Baisser les yeux, éviter le regard, tirer une gueule de trois pieds de long ou accélérer le pas ne change rien à l’affaire. Quand on a une tête de pigeon, on a une tête de pigeon. Le touriste ou le nouveau venu au pays du gorgonzola ne pourra même pas faire jouer la carte de l’imbécile qui ne comprends rien à ce qu’on lui raconte puisque son interlocuteur parle lui aussi italien comme une vache espagnole dont la langue maternelle serait une adaptation cambodgienne de l’arabe. Le barrière de la langue ne joue pas ici, tout se fait par onomatopées, regards et signes.

Ce n’est qu’après de longues années d’entraînement, passées au Japon pour écrire la langue, en Russie à savoir faire de la gymnastique et en Angleterre à manger la panse de brebis farcie que vous aussi vous saurez afficher une mine parfaitement patibulaire vous permettant d’éviter la spirale infernale de la vente de briquets, colliers de perles plastiques et autres lunettes fluorescentes.

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